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Minois de minet

T'es mon absinthe joli lapin. L'éclat du verre, l'appel du vide. T'es un rapide petit indien, d'eaux claires qui dansent,glacées,limpides. Tu fais taire les chiens dans les ruelles sombres, tu écartes les loups des histoires qui me plombent. J'ai mal au dos, j'ai mal aux mains, j'ai mal de trouver des petits riens comme pour m'enfuir un peu parfois, et t'éviter d'être trop en moi. Il y a ta folie qui court sur ma nuque,et alors je chiale de cette lutte.  Des trois pas qu'il me reste à faire  pour être toute là, toute à toi, toute entière. T'es mignon minois de minet, quand tu pianotes sur mon front, des tas de notes et pas de son. Quand tu attrapes mes yeux au vol qui se font la malle en farandole. Tu gardes mes jardins, mes secrets, mon jasmin. Les fleurs de mon corsage, les dentelles, et le lin. Tu es gardien des mes châteaux, mes rêves, mes ivresses. Mes doutes, mes vides, ma seule tendresse.

Perfect day

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Le soleil passe à travers les volets. Je le vois du lit. C'est comme un appel,comme un ordre de me lever, et d'aller ouvrir la fenêtre pour faire entrer la lumière. Puis il y a toi, juste là. Et alors je sais que rien ne pourrait aller mieux. Le ciel, et puis tes yeux. Bleus.

Mon quartier

Il y a une fille qui prend le métro à 10h40, tous les matins. Je la croise sur le quai, on monte toujours dans la même partie du train, elle marche devant moi dans les couloirs. Enfin je la laisse marcher devant moi pour pouvoir la regarder. Elle a des cheveux très longs,blonds,avec de belles anglaises très serrées qui lui tombent dans le bas des reins. Elle est toute petite, peut être 1m55,avec une veste en cuir et des fesses généreuses. Moi, je suis spectatrice de ses fesses,et de ses cheveux qui se balancent juste au dessus d'elles. On descend ensemble dans mon quartier, je la regarde s'enfuir dans une rue après la mienne. Je ne vois jamais son visage. Je ne cherche pas à le voir.C'est mon fantôme-fantasme. Je la laisse caresser mon imaginaire. Lorsque je sors du métro, juste à côté de la première boulangerie,il y a un jeune mec, je dirais 35 ans à tout casser,assis,les bras croisés,toujours sur la même marche,et qui ne demande rien. Il est propre, rasé,vêtements n...

Les lions

Je pensais qu'on était des lions. Je pensais que t'étais pas comme tous les autres, qui font comme s'ils étaient eux et qui se cachent sous des bonnets ridicules. Je pensais que t'étais fort, et bien assis sur ton trône. Je pensais que t'étais un lion, de ceux qui font des choix et ouvrent leur gueule. De ceux qui laissent le choix et assument d'être seuls. Je pensais que t'étais un lion qui se laisserait pas mettre en cage. Qui me planterait là, un jour, pour sauter de rivage. J'ai bien reçu dans le dos l'empreinte de tes griffes, mais les marques sur ma peau ne sont dues qu'à mes prises de risque. J'ai cru qu'on était des lions et qu'on serait bien plus forts, que la famine de l'amour et le doute et la peur. Que la société autour qui te dicte l'heure. Il est l'heure d'être frustré de ne pas être tout entier, homme et guerrier, aventurier et pirate, célébrité et grand coeur, homme lettré et d'honneur. ...

Qui est-ce ?

Je voudrais qu'on invente un qui est-ce. Tu sais, ce jeu qu'on avait gamines, avec des vignettes qu'on abattait. Tous ces visages qu'on plaquait face au sol. "Est ce qu'il porte une moustache ?" -Non. Clac, clac, clac, clac,clac,clac. "Est ce qu'il est roux ?" -Non Clac. (Il me semble qu'il n'y avait qu'un malheureux roux) Un "qui est-ce ?" nouvelle génération. Un truc comme un Fuck-book. Sur ce "qui est-ce?" il y aurait tout un tas de mecs improbables. D'abord, ceux rencontrés en soirées déguisées : casque de viking, oreilles de chat, collant bleu de super-héro...etc "Est ce qu'il porte un slip SUR un collant fushia?" -Oui..... "Rooohhhh putain, Marc ! J'en étais sûre !!" FASTOCHE Imaginez les meufs, un "qui est-ce?" façon tableau de chasse, un truc rien que pour nous, pour nous foutre un peu de la tronche de tous les cons qu'on s'est envoy...

Les lèvres d'Emmanuelle

Un grand appartement presque vide nous couve. Parquet en chêne, murs blancs, fenêtres qui semblent s'étirer jusqu'au ciel. Thé qui fume sur l'unique meuble de la pièce, une table. Elle allume une cigarette, toujours du bout des lèvres. Avec cette façon si spéciale, bien à elle. L'espace autour n'a pas de poids,pas de sens quand je suis avec elle. Emmanuelle. Emmanuelle est différente. Différentes de toutes celles. Toutes celles qui jouent à être une autre, toute celles qui jouent à être celles. Elle, dans un jean, avec des baskets, et une chemise d'homme,c'est une icône. Une pub Guerlain à elle seule. Sans artifices, elle déambule, se pose et puis te raconte. En face de moi, elle me regarde, et moi je ne vois qu'elle. Tous ne voient qu'elle en fait. Lèvres ourlées, charnues,lipues,juste ce qu'il faut, yeux noisette,cheveux en cascade, grain de beauté sur le bras,juste là. Teint caramel. C'est un ensemble. Un ensemble fou qui te pr...

La porte

Je te dirais bien que ça me fait du mal. Que tu me blesses à chaque fois que tu titubes. Je te dirais bien que j'ai mal de parler à un mur. Je te dirais bien que le vin te rend sourde, et moi morte. Qu'il te tue et me laisse dans le silence. Je te dirais bien, encore et encore, que je suis déçue et à vif. Je te dirais bien encore que j'ai peur que tu meurres. Que tout ça va trop loin. Que je me sens seule, et tellement en détresse. Aujourd'hui, plus rien de tout cela n'existe. Tu es juste une femme face à une autre, et qui ferme la porte devant elle. J'ai tenté de mettre le pied entre la porte et moi pour toujours voir ton visage. Mais ça aussi c'est terminé. Ferme la porte si tu le souhaites, puisque tu le souhaites si fort. Mais je ne gratterais plus comme un chien. Une femme à une femme. Plus une porte à un chien.