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Le club des divorcés

Le club des divorcés se réuni le dimanche soir. Le plus souvent c'est chez Greg. Il a une grande maison en plein centre ville avec une cour ombragée par les façades de ses voisins et il y a ce superbe jardin suspendu juste en face. Celui du dentiste le plus réputé de la région. Ses volets sont toujours fermés et les plantes ont un peu soif, mais ça donne une impression de jungle urbaine et on peut profiter de la vue. On est là, autour d'une table en plastique, à siroter de la heineken tiède et à se raconter les frasques du week-end. On se raconte, on se charie, on balance des dossiers, on fait le tour de la petite communauté de notre ville pour tailler des shorts à certains et en rire trop fort. On écoute les derniers morceaux de rock indé, fenêtres ouvertes, son à fond. Et on oublie presque que c'est dimanche, on oublie presque les 40, on oublie presque...Merde, les gamins voulaient manger des knackis...Il est 22heures, c'est l'heure où les parents indignes comm...

Ici

La lumière que je porte en moi est le seul guide vaillant qui ne s'essoufflera jamais.  Je peux suivre pas à pas, écho après écho, les quelques notes laissées en indices devant mes pieds. Chaque ordonnance est une chance que m'envoie mon âme, chaque image une piste à suivre. Les couleurs qui me composent m'ont donné tant de joie et d'exaltation que je les aime au plus profond. Des plus sombres aux plus vierges. Elle me protègent et me donnent l'envie de danser peu importe l'état du sol et sa matière. Je n'ai plus peur du noir, je n'ai plus peur d'être seule. Une lanterne merveilleuse est à mon bord. Le faisceau inépuisable de l'amour de soi et de la confiance mère. Une ode à la liberté de toujours savoir revenir à bon port. Gratitude niaise et bons sentiments, parce qu'il est parfois important; de savoir se dire combien l'on se remercie de n'être finalement que soi, ici.

Apnée...

Il suffit parfois d'une apnée. L'arrêt du coeur provoqué par l'incroyable. Un instant essoufflé, où le corps lévite, comme nu dans un bassin, le dos qui tire vers la surface, et les battements de son sang qui tapent dans la gorge. Quelques toutes petites secondes pour tout perdre. Et parfois pour tout gagner. Il y avait eu ce coup de téléphone, de ceux qu'on aurait préféré ne jamais avoir. Quelques mots. Et déjà trop pour le cerveau abattu qui était glacé par son intuition. Le sentiment soudain que le lien était coupé, la connexion suspendue entre deux êtres, et que la relation était amputée subitement par une décision arbitraire de la vie. Une aspiration de l'univers, un kidnapping de la réalité d'amour de deux personnes. Une effraction dans le vivant.  A l'air dans ta gorge, à ta première respiration j'ai su.  Que rien ne serait plus comme avant, que la vie basculait. Et que toutes les putains de certitudes qui nous servent de lit n'avaient...

Les fleurs...

Elles sont nombreuses les fleurs sur ton corps, qui parcourent la nuit comme un rayon de sable. Je longe la ligne de tes hanches et c'est tout un désert que manifestent les innombrables nuances dorées de ta peau. La beauté porte un prénom ce soir.

Le voyage solitaire...

Traverser les dunes au petit matin pour se couper le souffle. Prendre des trains. Monter des marches, encore et encore. Rire. Boire, beaucoup. Puis se bercer comme un enfant pour s'en consoler. Inventer un nouveau monde sur son canapé.  Construire des cabanes sous la table de la cuisine. S'y cacher pour y lire les soirs de chagrin. Ecrire des histoires. Changer de sac à main. Relire des livres et être touchée, inévitablement. Se cajoler en famille, en se disant que ça n'aurait pas pû être autrement. Gribouiller des papiers. Avoir des amis comme béquilles. Passer son temps vide en terrasse. Appeler le serveur par son prénom. Toucher sa guitare. Puis faire quelques notes.  Parler. Raconter encore. Aux autres, à ceux qui veulent bien écouter. Se baigner dans l'eau glacée d'une station balnéaire hors-saison.  Crier. Désherber. Planter. Clouer. Poncer. Repeindre les meubles. Refaire du café. Embrasser. Baiser à s'en faire mal. Et recommencer. En...

Une fraction de seconde...

Il y a toujours un fantôme de toi quelque part. Je marche le long de la plage, sur la promenade bétonnée. Le soleil est fort et le vent coupé par les villas. Cela fait bien longtemps que ton image ne m'a pas été évoquée. Les années passent et tu disparais petit à petit, tes détails deviennent flous. Et c'est très bien sans doute. Pourtant, je croise du bord du regard une silhouette au loin qui pourrait être toi. Le hasard t'aurait posé là par erreur, ce serait une impossibilité de la vie que de me retrouver dans le même espace que toi. Alors mon regard se détourne aussi vite qu'il s'est posé sur cette apparition imaginaire. Je fais demi tour, arrivée au bout de la jetée. J'ai maintenant la mer sur ma gauche et le soleil dans les yeux. L'homme lointain s'est rapproché quand j'ai tourné, et ses gestes m'ont semblé familiers. J'entends bientôt ses pas derrière moi, la distance se fait plus courte entre nous. J'ai un souffle dans la nu...

Mauzac

Le premier émoi du coeur c'est notre arrivée sur le petit chemin calcaire qui mène jusqu'aux marais. C'est la première émotion, après des heures de route. Le panneau indicateur de la fin du voyage, et du début du week-end. La maison est logée au creux des herbes folles, c'est la dernière du hameau. Elle se mérite, on ne la trouve pas sans connaître les alentours. La seconde étape de délectation c'est sortir de la voiture et ouvrir le vieux portail vert, écorché par le soleil et le vent, qui fait front sous le chêne centenaire. Celui qui a l'honneur de faire ça, c'est mon père. Après tout, c'est chez lui, et je crois surtout que c'est sa façon de se libérer de tout le poids de la vie quotidienne. Passer ce portail. Tout laisser hier. Je le regarde faire et c'est toujours émouvant, parce qu'on dirait un cadeau qu'il reçoit chaque fois avec respect. Il détache le cadenas religieusement, soulève l'encoche plantée dans la terre, pousse ...